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Le musée

Le Musée de plein air de la Force Hydraulique, à Dimitsana, est un musée thématique qui met en valeur l’importance de la force hydraulique dans la société traditionnelle. Il présente les techniques pré-industrielles fondamentales qui utilisent l’eau comme source principale d’énergie pour la production de produits divers.
Sur une superficie de 1000 m2, en pleine verdure et au milieu de très abondants cours d’eau, un ensemble d’installations et de machines hydrauliques a été restauré dans un but muséologique. Chacun des bâtiments réhabilités des anciens ateliers traditionnels abrite une exposition permanente sur le thème de l’atelier: Le premier bâtiment abrite un foulon et un moulin à eau. Dans la région de Dimitsana, une vingtaine de foulons abrités ou en plein air étaient en activité jusqu’au milieu du XXème siècle. On y lavait les tissus et tapis tissés à la main. Tout l’art consistait à bien calculer le temps durant lequel chaque  type de tissage devait rester dans le bac. À côté, un moulin à grain à roue horizontale a été reconstruit. Le visiteur peut jeter des grains de maïs dans le bac et suivre la manière dont ils tombent, moulus par les meules, dans le bac à farine. La petite pièce attenante, avec une cheminée, abritait l’habitation du meunier. Sa famille – en général nombreuse – étendait chaque soir sur le sol des couvertures permettant de dormir l’un à côté de l’autre. À l’extérieur du moulin, on a construit un abri provisoire semblable à celui qui protégeait le chaudron à raki. Après les vendanges, on installait ce chaudron dehors pour produire l’eau-de-vie à partir du moût. On le faisait bouillir trois ou quatre jours d’affilée.

Juste en face se trouve un bâtiment à deux étages : en bas, l’étable du tanneur, en haut son habitation. Une cheminée chauffait cette construction à salle unique qui abrite aujourd’hui le café du Musée. Plus bas, on rencontre la tannerie. L’intérieur de l’atelier est divisé en « zones » qui correspondent aux différentes étapes de l’élaboration des peaux. La première est réservée aux « eaux », à la chaux et aux travaux préparatoires en général. Dans la suivante se trouve la série des cuves pour le tannage des peaux. Une autre zone bien aérée permet de les étendre et de les faire sécher à l’ombre. Enfin, une zone bien éclairée est réservée au corroyage.

Le chemin de pierre conduit à un réservoir naturel puis au moulin à poudre. Dimitsana était l’un des innombrables villages où, depuis le XVIème siècle, on récoltait le natrum brut pour le donner aux Turcs en guise d’impôt. Durant la Révolution de 1821, les habitants de Dimitsana s’activèrent pour fournir aux Grecs le matériel de guerre indispensable. Kolokotronis écrit: « Nous avions de la poudre : Dimitsana en produisait ». La poudre constitue un élément important de l’identité culturelle de la région et occupe une place vivante dans la mémoire et les récits des habitants. C’est cette identité culturelle, précisément, que le Musée met en valeur. On y trouve une reconstitution du moulin à poudre à roue utilisé à Dimitsana de la Révolution au début du XXème siècle. En même temps, ce musée sauvegarde la technologie spécifique à la poudre, disparue dans le reste de l’Europe depuis le XVIIIème siècle. Après la visite du Musée, le visiteur peut poursuivre sa promenade dans les gorges du Lousios en suivant le sentier qui débute au musée, descend au village de Palaiochori, arrive au pont traditionnel de Monopori et conduit aux monastères de Philosophou et Prodromou pour aboutir au site antique de Gortyna.



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